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Le territoire et la tanière

Le Cantique des cantiques
Une autre idée en or
L’énergie vitale et la théorie de W.Reich.
Wilhelm REICH (1897-1957) était psychanalyste à Vienne au début du XX° siècle. Disciple de Freud, puis dissident. Il a baigné comme tous les psychanalystes qui ont contribué à créer la Psychanalyse, dans l’atmosphère hyperpuritaine et névrosée de l’Europe de cette époque.
Voir sur ce point l’ouvrage de Krafft-Ebing « Psychopathia sexualis ».
La France a quelque peu échappé à la maladie, car à l’époque des « années folles » elle a créé « les ptites femmes de Paris », des maisons de plaisir nombreuses et incomparables. Bref pour ne pas faire l’amour à Paris selon ses souhaits, il fallait le faire exprès. Depuis, la France a rejoint la tribu malade des frustrés. La vie s’est refermée. La prétendue libération sexuelle n’est faite que pour un petit nombre et dans des conditions qu’entourent encore les mêmes interdits, les mêmes préjugés, les mêmes erreurs de conception.
Freud et Reich ont vite aperçu que le mal-être propre à ces pays et à cette époque, et sans doute la majeure partie des maladies réelles et des anomalies psychiques, provenaient des frustrations sexuelles. Ces gens-là étaient perpétuellement emprisonnés par des interdits, des habitudes de pensée, des conceptions morales paralysants. Freud a été taxé de pansexualisme : il voyait bien que tout mal venait d’un dysfonctionnement de l’activité sexuelle.
Reich a fait pire, si j’ose dire. Opposé à Freud sur la notion d’instinct de mort, il a donné le primat absolu en matière de santé et de qualité de la vie à la génitalité : à l’exercice fréquent et réussi des relations sexuelles concrètes. Pour lui, la sexualité est la vie même. Il voit dans ce que Freud appelait l’instinct de mort, un simple fantasme névrotique, c’est-à-dire sans rôle réel sur la vie. La difficulté de vivre, une suite d’échecs écrasants, une lassitude croissante devant les efforts exigés, aboutissaient à une perte quasiment totale de l’énergie vitale. Le patient ne se sentait bien que dans le sommeil, il enviait la paix des vaches occupées par le passage des trains, il finissait par envier la sort des cailloux sur le chemin, ce que Freud appelait « la nostalgie du retour au minéral ».Celle-ci représentait l’envie de refaire à l’envers le chemin qui sur une planète crée la vie, puis les animaux, puis des êtres conscients, surtout conscients de leurs malheurs. Ce que Freud appelait un instinct, nécessairement dérivé de la force vitale, n’est sans doute qu’un accident de la vie fantasmatique, suscité par une perte importante de l’énergie vitale.
La vie au contraire prime tout, car elle nous définit. C’est une chute de la tension vitale qui peut donner un sentiment de mort. La vie se crée et s’entretient par la satisfaction sexuelle. Nous sommes des vivants, mais divisés en deux groupes : les vivants mâles et les femelles. Chacun des deux sexes est indispensable à l’autre et, sans aucune relation avec l’autre, ne peut vivre. La relation fondamentale, primitive, initiatique, c’est la relation sexuelle dans laquelle précisément l’un des sexes pénètre l’autre et se nourrit de ses effluents, tandis que le psychisme de chacun se nourrit de ce qu’ils échangent d’émotions, d’idées et de sentiments, et que toute la vie se construit par les choses qu’ils partagent sur tous les plans. Ce que Reich appelle la génitalité est le fait que la relation réelle entre les sexes, sur ces différents plans, à partir de la relation proprement sexuelle génitale, est la condition première de la santé, physique, psychique et sociale. Le désir sexuel est le premier signal et la clé de contact de tout rapport amoureux subséquent. Le sexe introduit l’amour dans le monde. Tous les individus qui ne peuvent pas rassembler une génitalité suffisante sont des malades : ils accumulent les dépressions, les maladies virales, les maladies fonctionnelles et même les cancers à notre époque.
Voir sur ce point l’ouvrage (il n’en existe qu’un seul…) de Radu Stoenescu « Wilhelm Reich et le Tantra Yoga », sur Internet WWW.LULU.com. Cet ouvrage est très détaillé et demande une bonne connaissance des deux thèmes.
Voir le 7° Carnet du Tantrisme « la sexualité tantrique » dont les chapitres sont les suivants : la révolution sexuelle n’a pas eu lieu ; les racines historiques de la conception tantrique ; retrouver le caractère divin du sexe ; initiation de la Yogini DEVI à la sexualité.
La conception reichienne, née du spectacle navrant de nos sociétés puritaines modernes, ne fait que rejoindre la conception Tantrique, vieille de plus de cinq mille ans. C’est pourquoi on a rapproché les théories reichiennes du Tantrisme. Ce rapprochement est instructif, car il institue une preuve a contrario en faveur de la vérité du Tantrisme : si vous n’admettez pas les principes que le tantrisme présente depuis des millénaires, voyez comment vont les sociétés contemporaines qui ne les admettent pas et promeuvent le contraire, la lutte contre le sexe… Qui est tantriste devient Reichien, et inversement. Si vous voulez vivre heureux, ce sont là les deux fondements indispensables. Reich ajoute, sur le plan psychologique, l’immense apport de la psychanalyse ; le Tantrisme donne, par le biais des mythes d’origine, la démonstration du caractère totalement naturel du sexe et de son exercice, le plus fréquent et le meilleur possible.
Reich a commence sont cheminement en se posant la question : à quoi sert l’orgasme ? Toute fonction biologique a son but et son utilité. Il ne paraît pas suffisant de faire crédit au Créateur d’un projet généreux de nous permettre un plaisir incomparable. L’orgasme doit avoir une fonction biologique, puis une fonction psychique, car ces deux plans sont indissociables, puis une fonction sociale, morale etc…
Lire, de Reich, si un seul livre est possible : « la fonction de l’orgasme ». Ou bien un commentaire varié et assez complet de Roger DADOUN « Cent fleurs pour Reich ».
A quoi sert la vie ? Ce serait la même question que celle qu’on pose sur l’orgasme … L’orgasme est la manifestation centrale et essentielle de la vie. Il nécessite qu’on fasse concrètement un rapprochement suffisant entre un homme et une femme : il réalise la socialité humaine, partie intégrante de ses propriétés. Il fait appel aux émotions les plus puissantes, aux racines les plus profondes (l’odeur, l’instinct (au sens strict), le geste irrépressible), aux sentiments les plus raffinés et les plus élevés, à la morale la plus vraie : la considération réciproque entre êtres humains ; la griserie la plus folles qui nous fait quitter la terre. Enfin il procure une détente essentielle et super-efficace à toute la vie psychologique. Je n’oublierai jamais qu’un jour où j’étais jeune, l’un de mes collègues arrive au bureau le matin à huit heures et crie à la cantonade : « Cette nuit, j’ai fait l’amour comme un fou ! Je suis heureux ! Je suis un chef ! Je boufferai le monde ! » Il avait porté son énergie vitale à son point maximal…
Voyez donc ce qu’une femme peut faire, une inconnue, sans doute toute simple, mais une femme qui donne la vie, parce que c’est sa nature. L’orgasme est la clé de l’énergie vitale : c’est lui qui la donne, l’entretient, la renouvelle, il est la vie même. Pour le détail, reportez-vous à l’idée en Or « L’orgasme », qui décrit ses conditions matérielles et psychologiques.

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