la Caverne d’ALI-BABA,
pleine d’idées en or. Toutes celles dont vous avez besoin pour vous forger une philosophie et VIVRE.

Le territoire et la tanière

Le Cantique des cantiques
Une idée en or
L’idéologie, cancer de l’esprit.
D’où nous viennent nos pensées ? Qu’est-ce qui nourrit notre psychisme de toutes ces idées qui y tournoient sans cesse ? Comment pouvons-nous inventer des images invraisemblables qui n’existent nulle part ? Comment fonctionne le psychisme, fournisseur d’idées immatérielles ? Le philosophe anglais du XVII° siècle, John Locke, a décrit tout cela en 1690 avec une parfaite clarté, et l’on, n’a pas trouvé mieux depuis. Son oeuvre a alimenté la fameuse « querelle des universaux » qui a agité le monde philosophique à l’époque. Il s’agissait de savoir si une idée générale, par exemple l’humanité ou le langage, désignait quelque chose qui existât réellement, et sinon quelle était le type d’existence d’une telle idée. Bref c’était le problème de la relation entre une idée et la réalité des choses qu’elle désigne. C’est exactement le problème que pose de nos jours l’idéologie. On sait, depuis, que les choses sont très claires : une idée abstraite (ou générale, c’est la même chose) ne désigne pas du tout un existant réel, qui est toujours un particulier. Elle n’a donc d’existence, ou de réalité, que langagière, car elle est un objet signifié par un mot ; et psychique, puisqu’elle est une idée qui ne désigne pas un existant.
En gros, il y a trois catégories d’idées : celles qui désignent des objets existants, qu’on peut percevoir par les sens : on les voit, on les entend, par exemple une table, une musique. Ensuite, des mots qui désigne des idées sans renvoyer à des existences particulières : par exemple l’humanité ou le langage. L’humanité désigne un genre, un ensemble faits de particuliers existants, mais n’en désigne aucun dans la réalité ; le langage désigne une aptitude de l’homme, une fonction, ou les systèmes qui réalisent cette aptitude, celle de communiquer. Ces deux idées son des idées abstraites. La différence entre ces catégories est que le signifié de la première désigne un existant, toujours individualisé parce qu’il existe concrètement, et que l’autre désigne des idées qui représentent des classes d’êtres indépendamment de leur existence réelle. C’est pourquoi on les qualifie d’abstraits.
Toutefois, il existe dans le psychisme une troisième catégorie d’idées. La conscience humaine est capable de fabriquer, à partir des deux classes d’idées précédentes, une nouvelle classe qui n’a plus rien à voir avec le monde réel. En quelque sorte, on abstrait au second degré, on lâche l’origine existante de l’idée et l’on en fabrique une artificielle qui n’est plus dans le monde réel, mais dans l’imaginaire. Les fonctions psychiques sont différentes pour chacune de ces classes : les idées d’existants sont forgées par l’expérience des sens, elles désignent la réalité ; les idées abstraites sont fabriquées par la logique, et les idées irréelles par l’imaginaire.
Il est absolument indispensable de connaître cette sorte de « cuisine » psychique et de savoir dans quelle catégorie se range une idée qu’on a dans l’esprit. Sans cette distinction, on ne sait pas si l’on pense à une réalité ou si l’on a forgé quelque chose qui n’existe pas, ou si l’on a abstrait une idée générale à partir d’une idée particulière. La Raison est l’aptitude humaine à ce discernement. Toute expérience sensorielle, la vue, l’ouïe, le toucher, etc. forge une idée dans la conscience : ces idées représentent la réalité que nous percevons. A partir de ce premier matériau d’idées, on peut en forger d’autres qui ne sont pas dans la réalité : les abstraites et les imaginaires. Elles ne sont que des réalités de conscience.
Imaginons que je regarde la femme que j’aime : cette vision produit dans mon esprit des images et des idées d’elle. Je sais qu’elle existe à cause de ces images et je réagis adéquatement en lui parlant, en l’écoutant, en agissant. Ces idées témoignent à la fois de la réalité de ce que je perçois et de la vérité de mes représentations. Les idées sont les témoins ou les références de tout jugement de réalité. Mais continuons à penser sur l’image de cette femme : à partir de nombreux signes, j’ai formé l’idée qu’elle m’aimait. Cette idée ne renvoie pas à une réalité perceptible, mais à une interprétation. Je puis me tromper ou m’illusionner. Elle peut me tromper ou me mentir. A partir de cette idée qu’elle m’aime, je vais forger tout un roman, imaginer nos relations futures, un mariage, des enfants, etc… Là, j’ai quitté totalement la réalité et construit dans l’imaginaire. C’est de cette manière que s’engendrent toutes les idées que nous avons dans la conscience : toutes proviennent en premier lieu de la rencontre avec la réalité.
La construction des idées est comme un échafaudage : on l’érige près de la maison qu’on doit peindre ou restaurer : son utilité est réelle, concrète. C’est ce que font les idées expérimentales : elles sont utiles pour manipuler la réalité; supposons que pour la commodité, on allonge l’échafaudage un peu au-delà des murs de la maison : si l’on se sert de cette rallonge, on ne voit pas pour quoi faire. Son utilité est donc illusoire. Et si l’on se mettait à construire un échafaudage très au-dessus du toit, à l’élever dans le ciel de dix ou vingt mètres, sans appui ni utilité, tout le monde nous croirait fou. On aurait perdu tout contact avec la réalité, c’est-à-dire la maison à restaurer.
Le psychisme oscille sans cesse entre ces trois utilités. Nous les utilisons pour manier le réel, ou bien pour dépasser le réel en vue d’une utilité un peu différente, que nous représente l’imagination ; ou bien on quitte le réel carrément, comme dans le rêve, l’art, le fantasme : ces idées sont des promenades faites uniquement pour le plaisir, sans utilité réelle directe. On trouve donc chez chaque individu non seulement l’aptitude à utiliser ces trois fonctions, mais aussi la capacité d’en abuser : de faire des rêves en croyant construire une réalité, de faires des généralités et des les traiter comme des existants, et même de faire des expériences sensorielles et de refuser leur rôle de signifier la réalité, c’est-à-dire la vérité : bien qu’on voie, on ne croit pas, comme faisait saint Thomas.
Toute fonction humaine est susceptible d’erreur, d’abus, d’illusions, de dépassements illégitimes. Mais comme il s’agit d’une fonction naturelle et légitime en soi, il est très difficile d’apercevoir ces défauts lorsqu’on s’en rend coupable soi-même. L’Histoire atteste que les gens imprégnés d’idéologie sont « inconvertissables » : ils ne peuvent pas changer d’idées, en tous cas très difficilement. Ils pensent que l’usage d’une fonction naturelle et rationnelle ne peut pas déborder sur l’artificiel, le faux et l’irrationnel. Les exemples pullulent dans les idéologies du XX° s : le nazisme, le marxisme, l’Islam, l’Eglise catholique.
Voilà le gibier débusqué : l’idéologie est avant tout la démarche vicieuse d’une faculté naturelle de l’homme. Le mot ne doit donc pas désigner, sous peine d’un autre abus, un système de pensée qui fonctionnerait de cette manière vicieuse : l’idéologie est et n’est rien d’autre qu’un fonctionnement vicieux de la pensée, susceptible d’atteindre n’importe quel type de pensée organisée, totalement ou partiellement, y compris la Science… On ne peut donc validement décrire un système parce qu’il apparaît comme idéologique : mais on peut décrire les fonctionnements idéologiques d’un système, et ceux-ci peuvent parfaitement avoir dévié seulement en certaines parties et se trouver avoisiner des parties correctes rationnellement. C’est « en quoi un système de pensée fonctionne comme une idéologie » qui doit guider l’analyse correcte.
J’ai souligné que l’idéologie ne peut infester qu’un système de pensée organisée : il ne s’applique pas à de simples opinions, ni à des opinions individuelles isolées. L’idéologie est par nature la caractéristique d’un système de pensée, partagé entre plusieurs « disciples, et menant à des pratiques sociales communes. L’un de ses facteurs majeurs est sa capacité d’agir sur des groupes, de mener des ensembles, de poursuivre des buts collectifs. L’idéologie est une maladie contagieuse, mortelle immédiatement pour les opposants, et à terme pour le système lui-même. Ce n’est pas une déviation analogue à un handicap physique congénital, mais bien une maladie : tout le monde ne l’attrape pas mais seulement ceux qui se trouvent dans un environnement spécial : mais dans celui-ci, tous l’attrapent fatalement. En même temps elle se caractérise par une inflammation généralisée et sévère : le rationnel joue un rôle de plus en plus réduit, pour devenir un ensemble de comportements passionnels, aveugles, dénués de toute référence à la réalité et notamment aux autres caractéristiques de l’humanité. Le destin de l’idéologie est la déshumanisation progressive des idées et des hommes qui les soutiennent. C’est pourquoi j’ai évalué l’idéologie comme un cancer de l’esprit : il vise à produire en désordre des cellules inutiles, dangereuses, mortelles, qui n’ont plus rien des caractéristiques des cellules saines de l’organisme. La seule arme possible est la destruction violente de ces cellules, car la vie est en jeu.
Il ressort de tout cela que le mot « idéologie » ne renvoie pas à un concept neutre, bien sage sans un dictionnaire. Il est violemment polémique : pour les adhérents, c’est le terme sacré qui explique et justifie tout ; pour les autres, c’est l’image de l’horreur inconcevable et impardonnable. Pourtant, il est impossible de la manier sans en « fabriquer » une définition aussi objective que possible, qu’une analyse rationnelle rend possible. J’emprunte la définition suivante… à Althusser, autorité communiste récente, qui devait savoir ce qu’il vivait lui-même : « Ensemble d’idées ou de représentations qui s’organisent à un moment donné en un système rigide qui se dissocie de la fonction explicative pour prendre une fonction practico-sociale ».
On voit de suite que l’idéologie est un système évolutif : il commence sous une forme initiale, évolue, se durcit, et prend progressivement des formes de plus en plus organisées et de plus en plus rigides, en même temps que de plus en plus autoritaire. On arrive vite à croire que la mort est la seuls sanction valable de l’opposition. « Idées ou représentations » signifie que l’idéologie n’a pas toujours la forme d’un système abstrait : le plus souvent elle vit dans les foules sous la forme d’images : le patron-le couteau- entre- les- dents, l’invincibilité sous les images d’armes et de défilés militaires, l’image des classes « en lutte » (le poing levé), les nombreux rites mis au point par les autorités soviétiques et chinoises pour « imposer » l’idée d’une solidité inamovible. Le « théâtre nord-coréen » est imbattable sur ce point. Les images sont évidemment destinées d’une part à suppléer au raisonnement, d’autre part à cacher la misère de la réalité.
La rigidité du système est provoquée par plusieurs transformations remarquables : 1. Il ne peut plus y avoir d’évolution ni politique ni scientifique ni social : le conservatisme le plus total devient la règle politique immuable. Tous les changements « auront la tête coupée ! » 2. L’arrêt et la manipulation de l’Histoire, qui évidemment dévaloriserait le système. Ainsi l’Islam interdit toute interprétation du Coran, son étude historique et la biographie exacte du « Prophète ». Dans le Marxisme, la manipulation est plus subtile. Le « manifeste communiste » fourni les fondements de son idéologie :il dit « On lit dans l’Histoire la lutte des classes ». C’est une imposture ! Ce qu’on lit dans l’Histoire est un ensemble répondant à des règles très précises, qui associe le rapport exact des faits avec une interprétation hypothétique de l’historien. La lutte des classes est l’une des manière d’interpréter l’Histoire (on pourrait en avoir une exactement contraire) et se place dès lors dans les opinions. Du coup, plus de fondement à cette partie du marxisme… On a assisté à une manipulation de ce type avec le fondement « aryen » du nazisme et le sens symbolique de la croix gammée. Aucune de ces idéologies ne sont fondées et c’est en cela qu’elles se fabriquent eu quittant inéluctablement la réalité.
3. Une sacralisation des personnes et des textes les rend intouchables : les textes notamment (le Coran parexemple) sont intouchables, incriticables et ne peuvent même pas être examinés sur le plan de leur authenticité historique. La « foi » doit être aveugle… Il faut obtenir « une obéissance sans critique, sans raisons et sans légitimité » (Le livre d’initiation à la Philosophie). Le chemin est vite parcouru de l’explication patiente des débuts à la force appliquée à la conviction, qui ne tolère aucune discussion. Le système devient naturellement autoritaire. 4. Une dérive utopique qui remplace l’absence de réalité par des constructions « en l’air », comme notre échafaudage. Il faut inventer des « raisons » complètement étrangères à la réalité, afin d’obtenir un ensemble vaste et cohérent. Mais on sait maintenant que cette partie « en l’air », n’a rien à voir avec la réalité. Elle est totalement imaginaire et gratuite. On peut donc affirmer froidement le contraire de la réalité… 4. Le système ainsi rigidifié ne supporte aucun concurrent : il détient la vérité et il faut évincer, physiquement si cela convient, ceux qui affirmeraient autre chose. Les camps nazis, les goulags sibériens, les bûchers de l’Inquisition, les fatwas islamiques, les kamikases djihadistes appartiennent tous à la catégorie des folies idéologiques. Tous imposent « La vérité (la mienne) ou la mort : tel est le ressort de tous ces comportements. On voit bien que l’idéologie représente un plan de déshumanisation totale, en supprimant non seulement toute liberté matérielle mais surtout la liberté de penser. C’est là une spécificité de l’Islam.
On voit aussi que rapidement, la rigidité ainsi obtenue ne laisse plus aucune place au raisonnement, à la discussion, à la remise en cause : tout est devenu totalement passionnel, dénué de raisons et de principes. On est revenu à l’instinct bestial et sans raison des premiers âges. L’idéologie est une effroyable régression à l’âge des cavernes. Cette caractéristique donne à toute idéologie un climat général de lutte perpétuelle contre les autres types de pensée, d’opposition implacable à tous ceux qui ne partagent pas ces idées : tout ce qui émane de l’idéologie est en guerre perpétuelle et déclarée à toute autre forme de pensée. L’idéologie est toujours violente (et violante) dans ses formes.
Ne croyez pas que j’exagère. Revenons à l’Histoire (non manipulée après-coup). L’idéologie stalinienne n’a-t-elle pas produit les pires horreurs qu’on aie vues ? Les asiles pour ceux qui étaient assez fous pour ne pas voir leur « bien », décidé ailleurs ? Les camps d’internement partout ? La Science elle-même violée et baîllonnée par les folies de Lyssenko ? Les cultures qui ne poussaient pas « dialectiquement » arrachées, rayées des registres et jetées, alors que le peuple crevait de faim ? Le privilège, la trahison, la purge, le mensonge, érigés en système d’Etat… La même chose chez Mao : toute l’intelligentsia jetée dans les champs pour s’avilir en épandant le fumier ? Les enfants éduqués à mépriser et frapper leurs parents ? L’inversion totale de toutes les valeurs qui font l’humanité ? Une cruauté indicible devenue un sport quotidien ? Et l’on trouve la même chose chez Pol Pot… Et dans tous les pays africains qui ont choisi le marxisme (pour leur ruine). L’Histoire encore chez Mahomet : il vainc la ville de Médine : les habitants ont à choisir entre la conversion à l’Islam ou la mort. Sept cents refusent la conversion. Assis sur un trône, Mahomet assiste à l’exécution capitale des 700 victimes, à qui l’on coupe la tête : un lac de sang, qui a coulé toute l’après-midi de ce jour-là… Imperméable à la nausée ??
J’en viens à l’Eglise catholique, et si j’en parle, c’est que je la connais bien. Très bien, même. Il est clair qu’on ne peut pas l’assimiler aux idéologies politiques criminelles du XX° siècle. Elle mûrit depuis deux mille ans. C’est dire que son immobilité actuelle manifeste les nombreuses strates qui l’ont caractérisée successivement pendant tous ces siècles : on pourrait retrouver dans cette sorte de géologie, toute son évolution. Elle a bougé naguère, et même beaucoup. Elle a tenté une Réforme de l’intérieur au Concile de Trente, ce dont elle est incapable aujourd’hui, car le Concile du Vatican, qui devait l’aérer, a été au contraire digéré par l’appareil. Des Médecins et Savants mondialement connus ont exposé naguère au Pape (il y a environ vingt ans) tout ce qu’il convenait de savoir sur les femmes, la féminité, la nature psychologique et physiologique de son sexe, son évolution sociale, etc. Rien n’a bougé. Il apparaît que ce genre de discours ne peut pas être entendu par un Cardinal de 80 ans. Je me souviens du jour où un Cardinal malicieux présentait le Nouveau Catéchisme à la télévision. Il savait l’attente des foules. Aussi, avec un sourire ironique, il a commencé par rassurer « Ne vous faites pas de souci, il n’y a rien, absolument rien, de changé sur le sexe ». J’étais consterné et l’ai plaint : voilà encore une occasion perdue, pensé-je. Il n’y en aura sans doute pas beaucoup d’autres.
La principale marque de l’idéologie est la prééminence de l’idée sur la réalité. On choisit toujours l’idée, même si elle est totalement contredite par la réalité. Et même si c’est l’idée, sacralisée, d’un Père de l’Eglise d’il y a mille quatre cents ans…Or c’est ce que l’Eglise catholique fait sans cesse. L’exemple le plus navrant est celui du voyage de Jean-Paul II en Afrique. On sait que ce continent à l’époque était ravagé par les pestes de la barbarie la plus rétrograde : combats impitoyables entre ethnies, massacres gratuits de femmes et de bébé, armement des enfants de dix ans voués à la guerre, assassinats impunis partout, gaspillage et misère. Toute l’Afrique musulmane mutile ses bébés filles (des millions) en leur coupant au couteau les petites lèvres et le clitoris du sexe, afin de détruire leur féminité. Le Pape engage un long voyage : j’ai cru qu’il allait rappeler ce dont l’Afrique avait le plus besoin, et qui était en même temps LE message de Jésus : « aimez-vous les uns les autres, même vos ennemis ! » Eh bien non ! Aucune de ces réalités n’a été évoquée : le message du Pape dans ce pays en sang s’est réduit à ceci : « Ne baisez pas ! » C’était à ses yeux la seule manière de se protéger du Sida (qui tuait moins que les armes) qui fût conforme à sa propre idéologie, celle de la continence généralisée. C’est là le cœur de l’idéologie catholique, ce qu’un auteur a appelé « la névrose chrétienne ». Comment peut-on à la fois nier la Création et les réalités quotidiennes ? La haine du sexe a prévalu sur le message ultime du Christ !
Enfin !!! L’éradication du sexe, notamment de la vie des prêtres ! Voilà une idée qui n’est qu’un règlement disciplinaire, qu’on peut aujourd’hui abolir du jour au lendemain. Pris au Moyen-Age, il a fallu un siècle pour l’imposer au clergé. Il est devenu aujourd’hui la marque principale et indiscutable du clergé catholique : il faut rayer la femme de la vie des prêtres, la rayer de toute la foi. L’Eglise est un monde d’hommes célibataires et peureux qui ont tout pouvoir et représentent la forme la plus haïssable et la plus stérile du patriarcat. Par là, l’Eglise se coupe (et quasi-totalement) de la réalité, ou de nombreuses réalités. Que l’humanité soit composée pour moitié de femmes ne compte pas ; qu’elles aient conquis, avec le respect et l’admiration, la capacité d’occuper toutes les fonctions naguère réservées aux hommes, ne compte pas. Que le plus grand nombre des fidèles masculins, s’il en reste, passent leur vie dans la frustration sexuelle et en soient malades, cela ne compte pas. On n’intègre dans ce qu’ils croient la vie ni la femme, ni le sexe, ni l’évolution sociale qu’a réalisée le monde entier. Les Eglises sont vides : il est étrange qu’il y ait encore quelques vieilles dames, et tant de monde Place saint-Pierre pour voir le Pape sur son balcon. Il aura fallu le culte de la personnalité pour préserver cela…
Bref, oui, l’Eglise catholique est atteinte de la maladie de l’idéologie : la haine du sexe a prévalu sur le message principal du Maître. Le clergé a largement oublié de cultiver l’amour du prochain : les exemples sont innombrables. Et si un prêtre commet la folie de reconnaître une femme comme la sienne, on le jette à la rue tout simplement, sans revenu, sans métier, sans amis : le mariage est la faute irrémissible… Il est vrai aussi qu’à côté des affaires de sexe, la fidélité à la doctrine papale est jalousement surveillée : Drewerman, homme admirable et dont la pédagogie est un trésor, a été combattu vigoureusement, et bien d’autres moins bien connus que lui. Il y a évidemment un côté stalinien dans le pouvoir ecclésiastique. Le secret invraisemblable qui occulte tout ce qui se passe au Vatican ou à l’Evêché, est sans explication. Qu’ont-ils donc à craindre, à laisser savoir ce qu’ils font ? Pourtant, je ne crois pas possible que se fasse jour à un moment quelconque, une volonté de réforme. Presque tout le monde a perdu la foi, du moins la logique de la foi. Le système est déjà trop idéologique. Il ne durera donc pas, et s’éloignera de plus en plus de toutes les réalités, y compris celle de l’Evangile. Il perdra toute crédibilité. Ce sera l’heure de Malachie…
(Malachie est un évêque anglais du XII° siècle. Il a édité une prophétie très connue qui évoquait tous les Papes depuis son temps jusqu’au dernier, en les identifiant par leurs armoiries. Ses prédictions se sont toutes réalisées jusqu’ici. Le Pape actuel est le dernier : il sera assassiné par un musulman, le Vatican sera détruit, l’Eglise actuelle sera réduite en cendres et renaîtra un peu plus tard quand un nouveau Pape osera se faire appeler Pierre II. Elle reviendra alors à l’Evangile)
Voir : le petit livre unique d’initiation à la philosophie, page 88. pressesdumidi

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