la Caverne d’ALI-BABA,
pleine d’idées en or. Toutes celles dont vous avez besoin pour vous forger une philosophie et VIVRE.

Le territoire et la tanière

Le Cantique des cantiques
idée en or
D’où viennent vos principes de Morale ?
Tout le monde connaît au moins le titre de Nietzsche : Généalogie de la morale. On n’est pas obligé de suivre son hypothèse, et pour ma part j’y suis tout à fait opposé. Son principe est de chercher l’origine du sens de « Bon et Mauvais » dans la hiérarchie sociale grecque du VI° s avant JC. Le caractère de « bon » viendrait des vertus témoignées par la classe aristocratique d’Athènes, au prétexte que ces gens-là pratiquaient le courage, la vérité, etc… tandis que la plèbe ne montrait que lâcheté, obséquiosité, mesquinerie. C’est là d’abord une généralisation hardie, non exempte sans doute de gros déchets… De plus, Nietzsche « transforme un concept politique (au demeurant déjà très élaboré) en en un concept psychologique » (c’est Nietzsche qui parle, p.36), et on peut se demander de quel droit. On peut objecter qu’il ne s’agit pas là d’une origine, qu’à l’époque grecque ces notions de bien et de mal fonctionnaient depuis longtemps sur toute la terre, et que la transformation de ces hypothèses politiques en explications psychologiques répond à des présupposés nietzschéens discutables. J’en conclus personnellement que le problème reste entier, et que cela vaut le coup de tenter encore une fois une généalogie de la morale.
Les philosophes ont souvent cette manie de chercher la nature des choses dans leur origine, d’examiner comment et à quelles conditions quelque chose de bien spécifique apparaît à un moment donné. On observe en quelque sorte les éléments de la (future) définition naître et s’organiser pour devenir par la suite un objet complexe qui défie l’analyse. Il est alors trop tard.
« Des goûts et des couleurs, on ne discute point » dit le proverbe. Effectivement, certains tableaux, par exemple, sont jugés hideux par certains, alors que d’autres les paient des fortunes. Il s’agit donc bien d’une façon générale non pas seulement de « couleurs » et de « goût » mais plus généralement de valeurs. C’est une valeur (esthétique) qu’on affirme lorsqu’on affirme que tel tableau « est beau », et une valeur économique, quand on affirme qu’il est cher. Or en logique, tous les jugements de valeurs sont subjectifs, ils n’expriment qu’une opinion, toutes les opinions se valent et la discussion devient inutile. Toutes les valeurs en effet sont dépourvues de références objectives. On peut dire : tel tableau est grand, ou petit ; il suffit d’un mètre pour tomber d’accord, si toutefois on est d’accord sur la valeur des notions (relatives) de « grand » et « petit ». Mais il n’y a pas de mètre pour les valeurs : sauf sa propre évaluation.
Les valeurs qui fondent la morale sont le « Bien », ce qui est bon, et le « Mal », ce qui est mauvais. Dans la vie quotidienne, selon qu’on qualifie un acte de bon ou de mauvais, on dispose d’une règle pour savoir quoi faire. On peut donc diriger ses propres mœurs ou juger de celles des autres. Mais d’où viennent ces notions ? Comment admettre, si elles ont une origine objective, que d’un côté à l’autre d’une frontière ou selon son système intellectuel ou selon sa religion, on peut voir le bien et le mal s’inverser ? Comment, pour un djihadiste, tuer plusieurs personnes innocentes et inconnues, peut-il être jugé « bon », alors que c’est une horreur pour tout le reste du monde ?? Comment dans la pratique actuelle, les notions de bien et de mal ont-elles pu devenir si totalement relatives, et l’on ne sait même plus à quoi ? Comment le fondement de toute morale peut-il devenir finalement une opinion, aussi bonne qu’une autre et définitivement dénuée de toute confirmation objective ? Du coup, aucun système de morale n’a plus aucune crédibilité. Ce n’est pas pour rien que Descartes, constatant déjà cela, se résignait au pur conformisme : restons conformes à la morale qui se pratique dans notre groupe, disait-il, jusqu’à ce qu’on puisse dégager rationnellement les raisons d’une morale convaincante pour tous. Il n’y parvint jamais, tellement le travail lui parut long. C’est pourquoi, aujourd’hui encore, il peut paraître utile, sinon excessivement ambitieux, de partir à la recherche d’une origine objective des jugements moraux.
Si en effet aucun système moral n’a de crédibilité, on ne peut plus croire en rien. Mais surtout on ne peut plus agir : pourquoi éviter tel comportement utile ou agréable, au prétexte qu’il est condamné par son système ? Pourquoi s’échiner à réaliser un « Bien » incertain, auquel tant d’autres gens ne croient pas ? Pourquoi se rendre la vie si difficile, si l’on ne sait pas pourquoi en vérité ? Ou bien faut-il se résigner à la conformité aux moeurs ambiantes, sachant qu’elles ne sont ni meilleures ni plus mauvaises que d’autres et ne nous conduisent spirituellement nulle part ? De même que nous avons besoin des yeux pour ne pas tomber dans le fossé, de même nous avons besoin d’un guide pour nous sentir en harmonie avec nous-mêmes selon la raison. Prenons alors quelques minutes de notre vie, pour examiner le guide où doit voir se dérouler le chemin de notre vie.
Il est facile d’admettre que si l’on part à la recherche d’un principe objectif, on est contraint d’utiliser une méthode objective, celle de la démarche scientifique en général. C’est donc elle que je prendrai. Je tenterai d’observer, dans les comportements humains, l’apparition des jugements de « bon » et « mauvais ». Mais le principe de rechercher l’origine exige que ces comportements soient « primitifs », qu’ils soient ceux de nos ancêtres les plus éloignés, aux tout débuts de l’humanité. On est donc obligé d’accepter une part hypothétique irréductible dans l’interprétation des comportements qui ne sont plus observables. Donc, comme toutes les autres démarches scientifiques, je ne prétends présenter ici rien de plus qu’une hypothèse plausible, car ce qui est décrit se continue de nos jours et surtout fait partie d’une psychologie élémentaire.
Cette démarche n’est qu’une application particulière d’une attitude d’ensemble commentée par Wilhelm REICH : «Toute science naturelle authentique se place en-dehors du cadre de la vie sociale existante : elle appréhende l’essence de l’existence humaine dans les grands contextes de la Nature. Le cadre social ne s’accorde pas avec la position objective de l’homme dans la nature, mais avec les idées erronées que l’animal humain s’est forgées au cours des millénaires, sur sa place dans la Nature. (…)Etant donné que l’homme est une partie de la Nature et non l’inverse, on ne peut aller que de la Nature à l’homme, et jamais de l’homme à la Nature. Nous sommes obligés d’approfondir les fonctions naturelles à l’intérieur de l’homme. (…) Surpris de se voir pensant, l’homme tomba dans le paralogisme en inférant de lui à la Nature. C’est ainsi que très longtemps la Terre fut le centre de l’Univers immobile et que très longtemps il fut interdit d’explorer l’organisme humain (alors qu’on aurait dû commencer par là…) » (W. Reich, L’Ether, Dieu et le Diable, p. 39 sqq) On ne peut en rien juger d’une norme morale à partir de ce qui se fait : c’est être juge et partie. C’est la démarche reichienne, plus logique, que suit le Tantrisme : il part de la réalité humaine pour découvrir ce qui l’explique sans être visible. C’est pourquoi la morale tantrique est exclusivement calquée sur la Nature.
Imaginons donc des humains très primitifs luttant pour survivre et améliorer leur sort dans les premiers temps de l’hominisation. Le film « L’Odyssée de l’espèce » a donné de ces situations des images étudiées et utiles. Il est facile de discerner d’abord les « besoins vitaux » : celui qui ne peut les satisfaire, meurt. Ce sont les conditions de survie : boire, manger, se protéger de froid, se défendre, etc. Chez l’homme, la satisfaction de ces besoins se manifeste par un sentiment de contentement après une difficulté, la jouissance d’un état ou l’anxiété et la pression du problème précédent ont disparu. L’ensemble a le sens de la détente après l’excitation soulevée par le problème. On sait que Reich a décrit la vie en général comme une pulsation composée d’une excitation/tension suivie d’une détente/plaisir. L’orgasme en est le modèle, mais tous les désirs et les besoins suivent ce même modèle. La manifestation des besoins se manifeste comme une tension, une anxiété, dans le corps et dans le psychisme. Leur satisfaction est perçue comme une détente, un sentiment de bien-être, en liaison avec la tension causée par le besoin. Ce sentiment est donc perçu, sensoriellement et psychiquement comme un bien, même si aucun mot ne l’exprime. Il est le sentiment agréable d’avoir réalisée l’une des conditions de sa survie.
En contrepartie, l’anxiété causée par l’absence de ces conditions, la lutte pour les obtenir, l’incertitude de les surmonter, la dépense d’énergie, souvent énorme, qu’on doit fournir pour les assurer, tout cela est perçu, sensoriellement et psychiquement comme pénible, désagréable. De plus, certains événements provoquent directement la douleur : chute, coups, blessure, etc. Ceux-là sont perçus directement comme mauvais. Le sens de ces sentiments est dynamique : quand on les ressent, on est poussé à réitérer ce qui est agréable est, et à fuir ou à éviter ce qui est douloureux. On s’aperçoit, dans ce type description, que le Bien et le Mal ne sont pas encore des concepts : uniquement ressentis dans une expérience psycho-organique, ils ne peuvent être représentés dans la conscience que comme des adjectifs, qui qualifient immédiatement la situation perçue. Il n’y a encore aucune abstraction de ces situations. Les jugements de bon ou mauvais sont en quelque sorte à fleur de peau, clairs et indiscutables.
On voit que naturellement, instinctivement pourrait-on dire, le bien et le mal se perçoivent comme tels immédiatement, sans langage ni construction intellectuelle. Ils ont une fonction adaptative, car spontanément et immédiatement, ils engendrent des conduites faites pour éviter le mal et rechercher l’agrément. Il n’y a nullement besoin de réfléchir pour cela, car ces réponses relèvent de l’instinct. Ce qui est déjà une sorte de guide moral précède ou peut précéder tout langage et toute réflexion : c’est pour cette raison que je le rattache à l’instinct. On est là à la racine de la morale, mais ce n’est pas encore de la morale.
Mais il est clair que les réactions adaptatives sont enregistrées par la mémoire : on apprend ce qu’il faut faire habituellement pour éviter le mal et trouver le plaisir. Psychologiquement, ces actions adaptatives deviennent peu à peu des tendances mentales permanentes qui assurent l’adaptation de l’espèce et sa survie. Elles sont érigées sur les résidus divers de l’instinct pour construire l’expérience, manifestation première de la raison. Ces comportements ne doivent rien à l’éducation ou à la réflexion, ils font partie des fondements de la morale, sans faire partie encore, expressément, de la morale. Celle-ci va se constituer quand la réflexion transformera l’expérience pratique en principes théoriques. Il en est de même aujourd’hui dans certaines types de comportements provoqués par des nécessités de survie, comme on peut le voir dans l’accident d’avion des Andes ou le lire sur la tableau du « naufrage de la Méduse ». Il est vain de porter un jugement moral sur ce genre de conduites, spontanées et adaptées.
Quand les besoins vitaux sont satisfaits, apparaissent des besoins secondaires, qui expriment la recherche d’un mieux. L’être humain est caractérisé par sa recherche permanente de progrès et d’amélioration de ce qu’il fait déjà : c’est ce qui le différencie des animaux. Alors on veut, dans la grotte qu’on a trouvée, mettre du confort : il faut de la lumière, avoir chaud, faire du feu, prévoir des vêtements, des tapis de fourrures. Pendant que dehors rôtit le gibier, les guerriers affûtent de nouvelles armes, mieux finies et plus efficaces, les artistes peignent les parois, les malins lutinent les femmes, celles-ci s’occupent des enfants. Ce ne sont pas là des besoins vitaux car on pourrait vivre sans eux. Mais ils entrent dans la dynamique naturelle des désirs, qui tendent à passer de la satisfaction minimale à un plaisir supérieur ou plus raffiné. Tout le monde sait que le plaisir réclame toujours plus.
Mais l’amélioration du présent exige de mettre en oeuvre une vraie réflexion : il faut examiner les insuffisances du présent, imaginer une meilleure solution, en parler avec d’autres, comparer les idées ou les techniques, diriger les tâtonnements. Cette étape nécessite un niveau de langage suffisant, une vie sociale plus développée, une synergie des désirs. Au niveau individuel, ceux-ci ont portés déjà les mêmes jugements sur ce qui est bon ou mauvais : à un certain moment, ils prennent conscience d’une communauté d’intérêts et de plaisirs dans tout le groupe, que les mêmes choses apportent du plaisir ou du désagrément, et ce pour tout le monde. Les satisfactions sont les mêmes pour tous et sont la plupart du temps obtenues par une collaboration, une organisation, une entr’aide, une association des habiletés. De plus, au plan personnel, le désir sexuel fait émerger le besoin de l’autre pour la simple relation : de la promiscuité naît le désir. La poursuite de l’agréable et l’évitement du désagréable deviennent des tâches collectives délibérées. L’agréable est individuel, le mieux est la plupart du temps collectif, mettant à profit les différences d’aptitudes. Cette étape est donc non seulement celle de relations sociales plus élaborées, mais sans doute aussi celle de la hiérarchisation sociale : toute organisation a besoin d’un chef si elle veut être sûre de réussir ce qu’elle entreprend.
Mais en même temps, l’amélioration des relations exige celle du langage. On finit par mettre un mot sur chaque chose, y compris le « bien » et le « mal », afin de s’adapter en commun avec efficacité. Les « bon » et « mauvais » particuliers engendrent une généralisation en Bien et en Mal. Les qualificatifs naturels deviennent des substantifs abstraits. L’expérience commence à se transmettre d’une génération à l’autre : on enseigne comment il faut faire et comment faire mieux, en dehors des situations concrètes qui ont permis de le comprendre. Autant le « bien » et le « mal » dans leur émergence primitive, sont dénuées de réflexion et ne sont que des expériences individuelles immédiates, autant la recherche du mieux exige une comparaison des résultats, une discussion sur les moyens, une synergie dans la réalisation, une abstraction dans l’évocation des situations. On dira : « dans tel type de situation, voilà comment tu devras faire ».
Le Bien et le Mal ne sont donc plus des expériences individuelles ou mêmes reconnues comme communes : ils deviennent des idées générales, des abstraits qui se changent vite en principes. A un moment, les sensations de bien et de mal se dissocient du réel en même temps que de l’individuel : elles deviendront rapidement des idées et des normes collectives. Les notions de bien et de mal commencent alors d’avoir un sens moral, c’est-à-dire collectif, commun à tout un groupe. Elles prennent le sens dynamique de : « il faudrait », en vision d’un résultat souhaité. Ce faisant, le sens « moral » ainsi dégagé prend la valeur d’une norme impliquant une obligation. Ceux à qui on l’enseigne sont obligés de s’y plier pour maintenir le bien commun. Dès ce moment, la morale est là, même si elle reste appliquée à la taille des silex adaptés aux lances. On trouve en effet : 1. Une obligation morale sous la pression du groupe ; 2. éventuellement une sanction en cas de désobéissance ; 3. Une légitimation abstraite dans un avantage collectif. Toutes ces idées déclenchent l’éveil de la conscience morale. La conscience morale n’est en effet que la partie de la conscience qui saisit l’enjeu commun de l’obligation morale. Elle s’agrège alors au Surmoi pour exercer une pression sur les volontés provenant de l’intérieur.
Mais par là, les individus cessent d’avoir le droit d’interpréter à leur volonté leur expérience pratique. Ils n’ont pas à décréter qu’ils trouvent ceci « bien », si le groupe a décidé que c’était « mal » pour lui. Ainsi on ne peut manger ni de tout, ni quand on veut : la chasse doit être partagée. On ne peut sans doute pas user à son gré d’une femelle si elle est déjà retenue par un autre. Bref, la morale devient la règle indispensable de toute vie en groupe, afin que les divers intérêts soient respectés, surtout l’intérêt commun du groupe, qui fonde l’obligation. La Morale fonde dès qu’elle existe, l’existence d’obligations et d’interdits opposés aux individus, comme conditions de toute vie sociale.
Puis la morale se dissocie selon les plans : sur tel plan il est loisible de choisir, sur tel autre, c’est interdit. Bref les plans peuvent se contredire, et ce qui est plaisir selon la nature pour un individu peut être interdit par le groupe. Si, par exemple quelqu’un voudrait pouvoir accéder à toutes les femelles du groupe, il aura vite compris qu’il fallait excepter celle du Chef. Au moins. Ainsi naissent les interdits : ceux-ci sont dressés au nom de la morale contre les désirs individuels pulsés par la Nature. En principe, on le voit, les règles de morale sont faites pour permettre à chaque membre du groupe de pouvoir accéder aux plaisirs naturels, en tenant compte chacun du droit des autres. C’est encore ce que fait le mariage de nos jours : il permet à quelqu’un, à condition qu’il suive le rite social, de se réserver une femme et de l’interdire aux autres. C’est dire s’il se calque sur un schéma très ancien dont la justification se perd dans les brumes de l’Histoire. Mais en même temps se perçoit le rôle pédagogique de la Morale : elle doit émonder chez les individus tous les impératifs égoïstes qui porteraient tort à autrui ou au groupe : c’est l’instrument premier de la socialisation.
Actuellement et depuis longtemps, en s’éloignant de sa nature initiale, le plaisir individuel naturel, le fondement de l’action morale est constitué de systèmes abstraits, inscrits dans des codes dont on a perdu la plupart du temps la légitimité. Chaque religion, et souvent chaque Etat, ont promulgué leur propre code moral et l’ont instauré comme condition de la survie du groupe, comme autrefois. Mais les choses et les hommes ont bien changé depuis la préhistoire : chaque individu humain est doté de liberté et de raison, en principe à mesure suffisante ; chaque Etat a créé un code civil réduit aux intérêts civils de chacun et sans légitimité devant la vie privée ; les relations entre individus, notamment sur le plan sexuel, dépendent exclusivement de conventions personnelles. Bref, normalement, la morale ne devrait être que le choix particulier de ceux qui veulent suivre une religion déterminée qui a créé un code ; les Etats ne devraient jamais invoquer une raison morale pour fonder la loi ; les libertés individuelles devraient être totales tant qu’il n’y a pas atteinte aux libertés et aux intérêts d’autrui. Toute morale qui ne part pas de la nature humaine telle qu’elle se manifeste objectivement dans son contexte de la Nature objective, ne peut qu’être erronée, illusoire et néfaste.
Chacun, en naissant, se trouve inséré dans un ou plusieurs systèmes de morale : les valeurs de la famille, de la religion, de la société contextuelle, de la Loi civile. Il n’a que l’embarras du choix pour se guider ou plutôt le devoir de faire coïncider ces différents codes, ce qui est rarement facile. Cela signifie qu’il se trouve toujours en situation d’obéissance par rapport à ces codes. Alors qu’en réalité, ce qui précède le démontre, chacun d’entre nous est totalement libre, dans sa vie privée, sur les terrains privés, de déterminer le système de valeurs morales qui lui convient. L’arrivée à l’adultat signifie que l’adolescent, à partir de ce moment, peut renoncer à la plupart des codes qui l’ont accompagné dans son enfance et travailler à son propre code moral, dans les limites des codes civils. Le conformisme aux mœurs ambiantes est une solution de facilité à laquelle nul n’est contraint. Il impose gratuitement des lois à ceux qui n’ont pas le courage de se faire une morale eux-mêmes.
Mais déterminer sa propre morale oblige à revenir à l’origine de celle-ci : le plaisir individuel comme référence. La morale a pour but de rechercher le plus possible le plaisir, le sien et ceux des autres, des proches et de toute la création. Car la vie existe et se maintient par le plaisir. Une vie sans plaisir est une mort. Il faut un obstacle précis pour renoncer à son plaisir au profit du plaisir de quelqu’un d’autre. La joie de vivre est un devoir… Telle est la seule référence rationnelle. Le Tantrisme loge ces principes dans le caractère sacré de la Création, qui met en référence ultime la Déesse Shakti en chacune des créatures et fait de l’amour la loi la plus générale de la Nature et de la société humaine.
Sur tout ce sujet, voir : Les Carnets du Tantrisme, n°5, presses du Midi
Analytique du 5° Carnet
|

121, Av d'Orient 83100 Toulon
Tél. +33
(0)4.49.16.90.20
Fax +33 (0)4.49.16.90.29
Directeur de publication :
Daniel Duthil
www.lespressesdumidi.fr
lespressesdumidi@free.fr
SARL au capital de 8000
euros
RCS Toulon 82 B 365
CODE 221 A
TVA INTRA: FR 96 325 050