la Caverne d’ALI-BABA,
pleine d’idées en or. Toutes celles dont vous avez besoin pour vous forger une philosophie et VIVRE.

Le territoire et la tanière

Le Cantique des cantiques
Une idée en or
Les parents déboussolés : ils ne maîtrisent plus leurs enfants :
suggestion de pédagogie.
Ce début de XXI° siècle est très paradoxal. Depuis des millénaires s’accumulent les conseils et les règles pour élever les enfants. En 700 ans avant JC, sous Hammourabi en Mésopotamie, un professeur envoie aux parents une tablette cunéiforme pour leur demander l’autorisation de battre avec des verges leur fils insupportable et qui empêche la classe… Ce qui prouve que déjà il n’était pas autorisé de corriger les enfants… En 377 avant JC, Xénophon explique les lois de Lycurgues qui éduquent le peuple spartiate : cette éducation à la dure fait l’admiration des Athéniens… qui ont été battus par les Spartiates ! Puis Rousseau, au XVIII° s. écrit son traité de l’Education, qui renverse totalement le sens même de l’éducation. Enfin au XX° s. on arrive à « l’enfant-roi », immigré des Etats-Unis et descendant du Dr Spock. On a oublié aujourd’hui que les parents américains ont obligé le Dr Spock à se rétracter publiquement à la Télévision et à reconnaître que les principes qu’il avait répandus étaient faux et nuisibles. Cela ne nous pas empêché en France d’ériger en modèle une pensée éducative de nature voisine, folle et destructrice, inspirée du marxisme, et qui a jusqu’à ce jour « cassé » l’école. Les responsables de la démolition de notre école sont toujours là… Tant que l’école sera noyautée par des esprits imbibés d’Idéologie, il sera impossible de la rendre efficace.
On s’aperçoit alors que les règles éducatives émises ici ou là n’ont guère d’influence par elles-mêmes. Elles sont engendrées par une image globale de l’enfant et de ce qu’on va en faire pour le socialiser, un type ou un modèle. Aujourd’hui, on en est encore à l’enfant-roi, ou enfant-dieu, à qui tout est dû et permis et qui doit trouver en lui-même la connaissance, les règles de la civilisation et celles de la cohésion civile. La fonction d’enseigner et d’éduquer s’est vidée de tout sens et de tout objectif clair. On peut commencer par distinguer ces deux fonctions : enseigner, c’est transmettre des connaissances, donc ce que l’enfant ne sait pas et doit apprendre ; éduquer, c’est transmettre les valeurs et règles d’un groupe social afin de permettre à l’enfant de participer à la vie civile, économique et morale du groupe dans lequel il est né. Tout cela paraît évident : tout cela a été nié énergiquement pendant des générations. L’enfant n’est ni un dieu ni un esclave, mais un petit humain chez qui tout est potentiel et doit être activé pour devenir réel : c’est justement cette activation qui est le besoin premier de tout enfant : le faire « devenir ce qu’il est » (génétiquement), comme disait Nietzsche. Il faut donc partir du commencement : qu’est-ce qu’un enfant dans le groupe social ? De quoi a-t-il besoin pour s’y intégrer ? Qui lui fournit ces éléments, quel est le devoir de l’Institution scolaire et celui des parents ? Comment s’organise entre eux l’autorité nécessaire pour obtenir ces objectifs ? Ensuite seulement quelles sont les règles pratiques communes qu’il faut instaurer et pratiquer pour réaliser ces objectifs ?
A notre époque fleurissent, plus que dans aucune autre époque, les livres, les enseignements, les revues, les manifestations de toutes sortes destinées à répondre à ces questions simples et de bon sens. Pourtant il en résulte une incroyable cacophonie : chacun pense ce qu’il veut, pratique ce qu’il veut (ou peut… !). La pédagogie, ou art d’éduquer les enfants, paraît être la seule activité qui ne soit appuyée sur aucune discipline rationnelle, sur aucune science : elle est totalement un art, liée aux valeurs individuelles, aux méthodes personnelles, aux émotions subjectives, à tout et à n’importe quoi… Si l’on demande à un éducateur, dans n’importe quelle circonstance, pourquoi il éduque de cette manière-là, sa réponse unique est parce que c’est la sienne… Et cela aussi bien chez les parents que chez les professionnels de l’éducation. Il ne faut donc pas s’étonner que les enfants, parvenus à l’adolescence soient, pour la plupart, totalement inéduqués. Les circonstances, les épreuves traversées, le caractère, ont « dirigé », vaille que vaille chaque individu… n’importe où. Souvent, à vingt-cinq ans ou plus ils ne savent ni qui ils sont, ni où ils vont, ni ce qu’ils viennent faire là… Le nombre stupéfiant de tentatives de suicide chez les adolescents, alors que les conditions de vie n’ont jamais été si douces, montre que ce n’est pas là de la littérature.
Alors ? Que faire ? L’éducation est évidemment une affaire sociale, donc politique. Le Politique doit clairement définir la nature de l’éducation, les rôles des différents acteurs, les règles à appliquer en milieu institutionnel. Tout cela ne peut plus être laissé au vagabondage personnel de chacun, car finalement la société s’y dissout. Ensuite, il faut apprendre aux acteurs éducatifs qu’il existe des Sciences psychologiques, et même, ce serait souhaitable, des Sciences pédagogiques. Le fait que ce titre existe dans certaines universités ne garantit pas la rationalité des contenus. Il faut donc répondre d’abord à la question suivante : qu’est-ce qu’un enfant ? Et y répondre par des contenus rationnels, cohérents, appuyés sur l’expérience, et assez souples pour s’adapter aux variations sociales, importantes en la matière. C’est ce que j’ai voulu faire par l’ouvrage « Les fondements rationnels de l’action éducative ». Les principes sont d’abord fournis. Puis la méthode d’analyse : l’enfant se construit par les relations qu’il a avec son milieu. Sont distingués alors six types de relations constructives et l’on décrit ce qui se construit chaque fois. Chaque chapitre comprend une partie théorique provenant des sciences psychologiques, principalement de la psychanalyse freudienne. Cette partie théorique est immédiatement appliquée à des situations concrètes, afin d’en dégager des règles d’action pour diriger la formation de l’enfant.
Ces idées devraient constituer l’appareil de formation de tout éducateur professionnel et même des parents. Car curieusement, les enseignants n’ont reçu aucune formation en psychologie : ils agissent en se conformant aux coutumes apprises sur le tas, mais sont souvent en proie à des crises d’inquiétude et de désespoir, car on ne leur a jamais appris à régler les problèmes conflictuels d’une classe. Mais il en est de même des Médecins, dont 75% des consultations dépendent de facteurs psychiques. Et des Juges (même les juges pour enfants), qui sont appelés à prononcer des sanctions souvent pesantes sur des « patients » dont ils ne savent rien… Un autre principe, que les éducateurs ne perçoivent pas toujours, est que le « matériel » de l’éducation, les enfants, sont exactement les mêmes qu’il y a dix mille ans : il y a la même proportion de chahuteurs, de rebelles, de dociles, de passionnés et de gentils… Tout est donc dans la manière dont l’éducation va pouvoir modeler ce matériau pour en faire des citoyens heureux et utiles.
J’ai posé le problème à partir des parents : ce sont eux en effet, qui ont le devoir d’éduquer les enfants dans la première partie de leur existence, entre la naissance et l’entrée à l’école A l’école, on de doit plus que transmettre des connaissances et poursuivre les bonnes manières déjà acquises. Tout le monde sait qu’il n’en est rien, qu’on reçoit dans le primaire des enfants qui parfois ne savent même pas manger tout seuls, bref les deux fonctions se télescopent et l’absence d’éducation empêche la transmission des connaissances. Le rôle premier, dans tous les sens du mot, incombe donc aux parents. Ils ont à faire d’un bébé vagissant sans langage un petit humain prêt à entrer dans la société. Pour instruire les parents de qui est l’enfant et de ce qu’il faut faire, j’ai publié une édition simplifiée des « Fondements rationnels de l’action éducative », à l’usage des parents. Tous les parents devraient le connaître : ceux de mon entourage qui le suivent n’ont aucun problème avec leurs enfants. Les parents qui ne maîtrisent pas leurs enfants sont donc sans excuse…
Je ne suis pas le seul à remarquer que les enfants d’immigrés ont plus de difficultés que les autres, ce qui tient à deux causes : la première est qu’ils naissent déjà d’une société différente de celle où ils sont destinés à entrer. Tout naturellement, ce sont les valeurs, les coutumes et les règles de cette société d’origine qui leur sont d’abord enseignées. Dans ce cas les parents sont coupables de ne pas organiser pour eux une compatibilité entre ces deux systèmes, que leurs enfants vont devoir vivre tout le reste de leur vie… Ma fille a vécu en Angleterre très longtemps et se trouve parfaitement bilingue : elle a élevé son enfant dans les deux langues et dans ces deux mentalités : l’enfant a parfaitement assimilé les deux mondes sans aucun trouble. On peut donc très bien le faire.
La deuxième cause est que les parents eux-mêmes ne parlent pas toujours le français et auraient des difficultés à suivre le livre d’éducation pour les parents. J’ai trouvé à cela une solution qui devait être effectuée au niveau municipal : je l’ai proposée à deux Villes : aucune ne m’a répondu. Il s’agissait d’allier, dès la déclaration de grossesse, les visites médicales obligatoires que doit faire la mère avec des visites obligatoires de formation à l’éducation. On aurait réuni plusieurs mères pour leur expliquer le sens, les conditions, les règles de toute éducation, on les aurait rendu capables de se procurer le petit livre et de s’y référer en cas de besoin. Bref l’éducation aurait réellement commencé dès la naissance… On peut penser que les banlieues ne seraient pas dans cet état si l’on avait organisé ce système quand je l’ai proposé, il y a dix ans… On sait que le problème des banlieues n’est ni économique, ni social, ni moral, mais purement et simplement éducatif. Si tous les enfants des cités avaient reçu depuis dix ans une éducation comparable à celle qu’on reçoit ailleurs, ils seraient comme les autres.
Je ne puis ici entrer dans le programme de cette éducation : je résume simplement en un seul principe : si un enfant ne reçoit pas, dès le jour de sa naissance, un équipement d’interdits et d’obligations qui sont ceux de la société où il va entrer, il n’y entrera pas, ou du moins pas facilement. Il ne s’agit pas d’obliger ou d’interdire n’importe quoi, mais de les contraindre à adopter les comportements qu’on exigera d’eux au fur et à mesure qu’ils grandiront. En éducation, rien ne doit être gratuit, tout doit être rationnel. Bien sûr, il y a l’amour… comment ne pas aimer un enfant, comment ne pas aimer son enfant, comment ne pas aimer les enfants qu’on a la vocation de faire grandir ? Ce n’est pas dans la loi, mais si l’enfant n’est pas suffisamment aimé il n’aura pas une envie très forte d’entrer dans votre société…
Lire : « les fondements rationnels de l’action éducative » et/ou : « comment éduquer son enfant ? Livret pour les parents » pressesdumidi.

121, Av d'Orient 83100 Toulon
Tél. +33
(0)4.49.16.90.20
Fax +33 (0)4.49.16.90.29
Directeur de publication :
Daniel Duthil
www.lespressesdumidi.fr
lespressesdumidi@free.fr
SARL au capital de 8000
euros
RCS Toulon 82 B 365
CODE 221 A
TVA INTRA: FR 96 325 050